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Le Monténégro pourrait offrir à l’UE sa première victoire en deux décennies

Bonjour ! Nous sommes David Carretta, Christian Spillmann et Oliver Grimm, les auteurs de La Matinale Européenne. Les éditions française et espagnole sont assurées par Camille Lamotte.

L’analyse du jour est consacrée à l’élargissement. Aujourd’hui se tiendra un sommet UE–Balkans occidentaux. Oliver explique que le Monténégro permet à l’UE de revendiquer son premier succès en vingt ans.

Dans le briefing, outre le sommet de Tivat avec les Balkans occidentaux, il est également question de la guerre menée par la Russie en Ukraine et de la demande de onze pays visant à imposer des restrictions de visas aux Russes. Ursula von der Leyen a annoncé une aide de 50 millions d’euros à l’Arménie afin de la protéger des ingérences de Poutine. Petite exclusivité : un Fonds souverain de 50 milliards d’euros a disparu du paquet consacré à la souveraineté technologique. Entre-temps, l’envoyé spécial pour l’IA choisi par la Commission est accusé de conflits d’intérêts. La Roumanie a un nouveau Premier ministre pro-européen, mais il pourrait ne rester en fonction que dix jours.

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Le Monténégro pourrait offrir à l’UE sa première victoire en deux décennies

Par Oliver Grimm

Si l’on se penche sur les vingt dernières années, l’Union européenne n’a guère accumulé les succès. Il est même difficile d’en identifier un seul.

Depuis le rejet du traité établissant une Constitution pour l’Europe par les électeurs français et néerlandais en 2005, l’Union avance en boitant d’un traumatisme à l’autre. La crise grecque s’est rapidement transformée en crise de la zone euro, immédiatement suivie par la crise migratoire de 2015-2016. Puis est venu le Brexit, presque aussitôt relayé par la pandémie de Covid-19. Ensuite, la Russie a commencé à réduire ses livraisons de gaz naturel vers l’Europe, déclenchant la plus grave crise inflationniste énergétique depuis cinq décennies. Enfin, Moscou a lancé son invasion à grande échelle de l’Ukraine, confrontant pour la première fois l’UE à une question existentielle de guerre et de paix.

Parmi les euro-optimistes, il est devenu un lieu commun d’affirmer que l’Union est sortie renforcée de chaque crise. Mais il faut chercher très, très loin pour trouver des preuves à l’appui de cette thèse. L’Europe est-elle aujourd’hui plus forte qu’en 2005 ? Rien n’est moins sûr.

L’approfondissement et l’élargissement du projet européen, son fil conducteur depuis l’origine, ont été remis à plus tard. Lorsque Jean-Claude Juncker est devenu président de la Commission européenne en 2014, il a officiellement décrété qu’aucun nouvel État ne rejoindrait l’Union durant son mandat. La Croatie venait tout juste d’y entrer l’année précédente. Depuis treize ans, le club des nations qui aime rappeler qu’il est le seul au monde que d’autres pays souhaitent rejoindre a gardé ses portes fermées.

Mais plus pour longtemps, estime le chancelier autrichien Christian Stocker dans un entretien accordé à La Matinale Européenne. “Il est grand temps — et j’en serais très heureux — qu’un processus d’adhésion puisse à nouveau être mené à son terme pour un pays candidat. Serons-nous déjà 28 en 2028 ? Je ne le sais pas. Mais nous atteindrons probablement ce chiffre au cours de cette décennie.”

Le Monténégro, où se tient aujourdhui le sommet UE-Balkans occidentaux, est le mieux placé pour devenir le premier nouvel État membre depuis l’adhésion de la Croatie. Depuis plusieurs semaines, un groupe de travail du Conseil s’attelle à la rédaction du traité d’adhésion. Le gouvernement monténégrin souhaite clôturer tous les chapitres de négociation d’ici à la fin de l’année. Cet objectif est-il réaliste ? “Il est vrai que l’ambition du Monténégro est élevée, et je serais heureux de les soutenir afin que cet objectif puisse effectivement être atteint rapidement”, a déclaré M. Stocker.

L’enjeu ne concerne pas seulement ce pays adriatique de 720 000 habitants. C’est aussi l’occasion pour l’Union européenne d’enregistrer enfin une victoire. “L’UE a vraiment besoin d’une réussite à mettre en avant. Et s’il existe aujourd’hui une histoire à succès possible, c’est bien celle-ci”, estime Nina Vujanović, spécialiste des implications économiques de l’élargissement au sein du centre de réflexion Bruegel.

Le président français Emmanuel Macron semble avoir intégré cette réalité. “Vous avez le plein soutien de la France sur la voie européenne. Vous accomplissez un excellent travail et le succès du Monténégro donne de l’espoir aux autres”, a-t-il déclaré la semaine dernière au premier ministre monténégrin Milojko Spajić à Paris, après l’avoir reçu à l’Élysée. Sa venue à Tivat, la station balnéaire qui accueille le sommet UE-Balkans occidentaux, constitue une première pour un président français.

La plupart des dirigeants européens ont compris que l’élargissement était devenu un élément central de leur agenda géopolitique. L’invasion russe de l’Ukraine a rappelé avec force que la sécurité et la stabilité de l’Europe commencent chez ses voisins — lesquels ne peuvent être laissés indéfiniment à l’écart. “Nous, en tant qu’Union européenne, ne sommes pas seuls dans les Balkans occidentaux”, a souligné Christian Stocker. “D’autres revendiquent également des sphères d’influence, en particulier des États tiers comme la Russie. Notre intérêt à garantir la sécurité et la stabilité en Europe doit nous conduire à considérer l’élargissement de manière positive et à le faire avancer avec détermination.”

Où se situe alors l’obstacle ? “Le Monténégro a réalisé d’énormes progrès. Le principal obstacle politique se trouve au Conseil et dans son manque de volonté d’avancer”, a déclaré Kathleen Van Brempt, vice-présidente chargée de l’élargissement au sein du groupe des Socialistes et Démocrates. Certains États membres semblent commencer à hésiter. Le débat récemment relancé dans plusieurs gouvernements nationaux sur une “intégration sectorielle” pourrait même s’avérer contre-productif, prévient Nina Vujanović. “Pour un pays comme le Monténégro, cette perspective n’est pas attrayante.”

Le député européen slovène Marjan Šarec, du groupe Renew Europe et rapporteur du Parlement sur le Monténégro, n’est guère plus enthousiaste à l’idée d’une adhésion par étapes ou secteur par secteur. “Soit on est mariés, soit on ne l’est pas. Cette demi-adhésion n’est pas une bonne idée”, a-t-il déclaré à des journalistes la semaine dernière. Selon lui, cette approche découle de la crainte de voir apparaître un “nouvel Orbán”. Mais l’agitateur hongrois a été battu dans les urnes. “Et je ne pense pas que le Monténégro veuille entrer dans l’UE pour commencer immédiatement à tout bloquer afin de montrer sa force”, a ajouté M. Šarec.

Si le Monténégro — et, dans une moindre mesure, l’Albanie — fait la course en tête, la Serbie s’éloigne de plus en plus de l’Union. Hier, les services de sécurité serbes ont déconseillé au président Aleksandar Vučić de se rendre à Tivat, invoquant des “menaces sécuritaires” non précisées. Les enquêtes Eurobaromètre montrent régulièrement qu’une majorité nette des citoyens serbes rejette l’adhésion à l’UE. La Commission met en garde contre des reculs dans presque tous les domaines du processus d’adhésion. Elle a même évoqué la possibilité de geler les financements de préadhésion.

Pourquoi l’Union ne se montre-t-elle pas plus ferme envers M. Vučić ? Kathleen Van Brempt plaide pour la prudence. “La volonté de le confronter n’est pas absente au sein du groupe S&D. Mais je ne souhaite pas intervenir dans le processus politique intérieur de la Serbie. Nous accusons de nombreuses puissances étrangères d’ingérence politique. Nous devons donc veiller à ne pas exposer l’UE aux mêmes accusations.” Christian Stocker, dont l’ÖVP appartient au Parti populaire européen, tout comme le SNS de M. Vučić, adopte également une approche mesurée : “Je ne sais pas si des rappels à l’ordre seraient utiles. Mais je partage l’idée qu’il faut renforcer les forces pro-européennes en Serbie.”

“L’Union européenne est un remède contre de nombreux maux”, a rappelé le rapporteur Marjan Šarec. “Pas seulement les maux politiques, mais aussi les maux économiques. Et n’oublions pas le nationalisme. Le nationalisme est une grande maladie dans les Balkans occidentaux.” Le surmonter était à l’origine même du projet européen, il y a près de quatre-vingts ans. Relancer l’élargissement après deux décennies de paralysie pourrait démontrer que ce remède fonctionne encore.

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La citation

“Il y a notre soutien ferme à l’Ukraine, le fait que la Russie ne veuille pas d’une voix de ce type au Conseil de sécurité, et le fait que l’Allemagne doive toujours assumer une responsabilité particulière à l’égard d’Israël dans le conflit au Moyen-Orient — autant d’éléments qui ont pu influer sur les votes.”

Le ministre des Affaires étrangères Johann Wadephul, après que l’Allemagne a perdu pour la première fois un vote aux Nations Unies pour un siège au Conseil de sécurité.

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Élargissement

Costa promet une nouvelle méthodologie pour avancer plus vite sur l’élargissement — Le président du Conseil européen António Costa a annoncé hier que les dirigeants de l’UE et des Balkans occidentaux discuteront de la manière d’“améliorer” la méthodologie de l’élargissement “pour avancer plus rapidement et mieux”. La discussion aura lieu au sommet UE-Balkans occidentaux de Tivat, au Monténégro. La méthodologie est l’ensemble des règles permettant d’avancer dans le processus d’adhésion, notamment les modalités d’ouverture et de fermeture des chapitres de négociation et d’évaluation des progrès accomplis dans les réformes. Chaque décision de l’UE doit être adoptée à l’unanimité. Dans un non-paper envoyé aux autres capitales, la France et l’Allemagne proposent de simplifier la méthodologie. “L’élargissement n’est pas une utopie, mais quelque chose qui pourrait devenir réel dans les prochaines années”, a déclaré Costa, insistant sur la nécessité de travailler “plus dur et plus vite”.

Paris et Berlin défendent une stratégie de préadhésion – La France et l’Allemagne ont soumis une réflexion commune sur l’élargissement pour nourrir les échanges lors du sommet UE-Balkans aujourd’hui à Tivat, au Monténégro, puis lors du sommet UE-Moldavie le 22 juin. Les deux pays défendent le processus d’intégration graduelle fondé sur le mérite et préconisent une stratégie de préadhésion. L’objectif est d’offrir des incitations supplémentaires aux pays candidats pour mener à bien les réformes imposées pour rejoindre l’UE. L’intention n’est pas de remplacer l’adhésion complète ni de prolonger le chemin, mais de favoriser des progrès plus rapides sur cette voie. Parmi les incitations figurent un accès privilégié au marché intérieur en fonction des progrès substantiels réalisés dans les négociations, des liens plus étroits avec les institutions européennes avec un statut d’observateur accordé progressivement aux pays candidats lors des réunions des institutions de l’UE et une participation sans droit de vote pour certaines réunions informelles du conseil européen et les sommet informels. Nombre de ces propositions ont été formulées par le chancelier allemand Friedrich Merz pour le statut de “membre associé” proposé à l’Ukraine et refusé par le président Volodymyr Zelensky.

Costa invite poliment Vučić à s’aligner sur l’UE — La Serbie reste le maillon faible et le plus délicat du processus d’élargissement aux Balkans occidentaux. C’est le plus grand pays de la région, le plus déstabilisateur envers ses voisins le Kosovo et la Bosnie-Herzégovine, et le plus enclin à faire des affaires louches avec la Russie — mais aussi avec la Chine. Lors de la dernière étape de son tour des Balkans avant le sommet de Tivat au Monténégro, António Costa a rencontré hier Aleksandar Vučić. Le président serbe l’a assuré de son engagement dans les réformes et a demandé l’ouverture de nouveaux chapitres de négociation. Costa a adopté un ton très mesuré, pour expliquer que “l’élargissement repose sur la confiance” et que la Serbie doit donc entretenir “de bonnes relations de voisinage”, doit “s’aligner sur les politiques et les valeurs de l’UE, en particulier notre Politique étrangère et de sécurité commune” et doit “poursuivre les réformes”. Le président du Conseil européen a insisté sur l’indépendance du système judiciaire, la liberté des médias et la réforme de la loi électorale. Mais Costa n’a fait aucune allusion aux immenses manifestations des jeunes contre Vučić.


Géopolitique

La Suède forme une coalition de onze pays contre les visas touristiques pour les Russes — La Suède a recueilli les signatures de onze États membres pour demander à la Commission de commencer à légiférer afin d’imposer des restrictions plus sévères aux visas touristiques pour les Russes. Dans une lettre adressée à Kaja Kallas et à Magnus Brunner, la Suède, la République tchèque, le Danemark, l’Estonie, la Finlande, la Lettonie, la Lituanie, les Pays-Bas et la Pologne — rejoints par l’Islande et la Norvège en tant que membres de l’espace Schengen — ont dénoncé comme “profondément préoccupant” le nombre croissant “de touristes russes profitant de vacances sur les plages et dans les stations touristiques européennes, tandis que des missiles et des drones continuent de frapper des civils et des infrastructures civiles en Ukraine. La situation est encore plus angoissante si l’on considère que des milliers d’enfants ukrainiens, déportés illégalement et transférés de force, ne peuvent pas rentrer auprès de leurs familles”, peut-on lire dans la lettre. Effectivement, l’an dernier le nombre de visas accordés aux Russes a continué d’augmenter, y compris les visas touristiques. En 2025, les États membres de l’UE ont délivré 679 000 visas à des titulaires de passeports russes, en hausse par rapport aux 606 594 de 2024 et aux 520 387 de 2023. Le taux de refus de visa pour les citoyens russes a sensiblement baissé : de 10,6% en 2023 à 6,4% en 2025. Les visas touristiques sont les plus répandus. De 332 000 en 2021 avant l’invasion, la Commission a enregistré 478 000 visas touristiques accordés à des citoyens russes en 2025.

Les onze pays dénoncent un problème de sécurité alimenté par les visas faciles accordés par la France, l’Italie et l’Espagne — “Je ne veux plus de week-ends shopping. Je ne veux plus de voyages de luxe en Europe pendant que les Ukrainiens meurent sur le champ de bataille”, a déclaré hier le ministre suédois de la Migration Johan Forssell, avant la réunion du Conseil Justice et Affaires intérieures. “Cette situation est complètement insensée et doit prendre fin.” Il n’y a pas que des raisons morales, mais aussi des raisons de sécurité pour les pays de l’UE. Un visa permet de circuler librement dans toute l’espace Schengen. “Une situation où les États membres appliquent des approches radicalement différentes à la délivrance de visas pour des voyages non essentiels favorise non seulement la recherche de visas opportunistes, mais constitue également un risque pour la sécurité de l’ensemble de l’espace Schengen”, écrivent les onze pays. “La facilité d’accès à l’espace Schengen accroît les risques potentiels pour la sécurité, notamment ceux liés à la circulation de centaines de milliers de combattants russes ayant participé à la guerre d’agression contre l’Ukraine.” Personne n’est nommément désigné. Mais les données confidentielles de la Commission sont claires. Les États membres qui ont accordé le plus de visas aux Russes l’an dernier ont été la France (plus de 170 000), l’Italie (plus de 160 000) et l’Espagne (près de 100 000). La Grèce est en quatrième position avec plus de 40 000 visas.

Brunner prêt à limiter la protection temporaire pour les hommes ukrainiens — La Commission européenne pourrait proposer de modifier le régime de protection temporaire pour les Ukrainiens fuyant la guerre afin d’en exclure les hommes âgés de 23 à 60 ans, a annoncé hier le commissaire Magnus Brunner à l’issue d’une discussion avec les ministres de l’Intérieur de l’UE. “Il y a une solidarité à 100% avec l’Ukraine”, a déclaré Brunner. “L’avis est que nous devons prolonger la protection temporaire. Nous devons en discuter avec l’Ukraine. Il est important d’avoir l’avis de l’Ukraine”, a souligné Brunner. L’une des approches consiste à “exclure les hommes entre 23 et 60 ans, en âge de conscription. C’est aussi ce que les Ukrainiens veulent que nous fassions”, a dit le commissaire. Nicholas Ioannides, ministre chypriote de la migration — Chypre détient la présidence tournante du Conseil de l’UE — a toutefois souligné qu’il y a “certaines préoccupations” de la part de certains États membres. “Nous devons nous assurer qu’il y a des garanties pour traiter d’éventuels problèmes”, a expliqué Ioannides. Brunner a promis une proposition “dans quelques semaines”.

Rectificatif — La mission de la Suisse auprès de l’UE nous a demandé de clarifier un passage d’une de nos brèves concernant le débat sur la protection temporaire pour les hommes ukrainiens en âge d’être appelés à servir dans l’armée. La Suisse n’a pas introduit de restrictions pour les hommes ukrainiens d’une certaine tranche d’âge concernant l’octroi du statut de protection en Suisse, appelé “Statut S”. Cependant, à partir du 1er novembre 2025, le Secrétariat d’État aux migrations (SEM) prend en considération la région d’origine des personnes concernées lors de l’examen des nouvelles demandes d’octroi du Statut S, afin de déterminer si un renvoi en Ukraine serait raisonnablement exigible. Cette nouvelle réglementation ne concerne pas les personnes qui bénéficient déjà du Statut S en Suisse, ni les membres de leur famille vivant encore en Ukraine.

Mark Rutte tente de dissuader les jeunes russes de s’engager – “Les pertes russes en Ukraine sont considérables – plus de 30 000 par mois… Le Kremlin vous fait un mauvais coup”, a averti le secrétaire général de l’OTAN Mark Rutte dans un message adressé depuis Kyiv aux jeunes russes pressés de s’engager. “Des jeunes comme vous partent au combat, mais vous ne serez pas formés. L’équipement fourni sera de mauvaise. Il y a de très fortes chances que vous soyez tués ou blessés pendant que vous serez là-bas et il y a de fortes chances que, si vous êtes blessés, on vous laisse souffrir et mourir dans la boue. Alors quand on parle de dizaines de milliers de victimes – ce n’est pas abstrait. Ce sera probablement vous”. Mark Rutte est arrivé mercredi à Kyiv pour une visite officielle avec les ambassadeurs des 32 pays de l’Alliance pour une réunion du Conseil de l’Atlantique Nord (NAC), l’organe de décision politique de l’OTAN.

Von der Leyen annonce 50 millions d’euros d’aide à l’Arménie après l’embargo électoral russe — La présidente de la Commission Ursula von der Leyen a annoncé hier 50 millions d’euros d’aide financière immédiate pour l’Arménie afin d’aider le pays à faire face aux conséquences des restrictions imposées aux produits arméniens par la Russie pour tenter d’influencer les élections de dimanche. “Il ne s’agit de rien d’autre que de coercition économique, et c’est inacceptable”, a déclaré von der Leyen, après un entretien téléphonique avec le Premier ministre arménien Nikol Pachinian. La Russie a imposé une interdiction d’importation de plusieurs produits agricoles arméniens, du cognac, de l’eau minérale et des fleurs. “Nous connaissons trop bien ce scénario”, a dit von der Leyen. Le Kremlin avait déjà eu recours à ces stratagèmes pour influencer les élections dans d’autres pays. Le vote de dimanche pourrait être décisif pour le rapprochement avec l’UE promis par Pachinian. Von der Leyen a également annoncé une Task Force conjointe UE-Arménie pour gérer diverses initiatives, notamment le partenariat sur la connectivité et le soutien aux infrastructures.


Souveraineté technologique

Un fonds souverain de 50 milliards disparaît du paquet — Un fonds souverain de 50 milliards d’euros aurait dû faire partie du paquet sur la souveraineté technologique présenté mercredi par la Commission, mais la proposition est restée dans les tiroirs de la présidente Ursula von der Leyen et de la vice-présidente Henna Virkkunen malgré le fait qu’elle était pratiquement prête. Des fonctionnaires de plusieurs directions générales de la Commission y avaient travaillé. Le fonds souverain aurait été financé par diverses ressources non encore dépensées dans le cadre de l’actuel cadre financier pluriannuel. Il aurait pu donner consistance aux promesses de créer des alternatives européennes aux fournisseurs de technologies américains ou chinois. “L’Europe est en train de prendre du retard parce que nous avons besoin de davantage d’investissements technologiques à haut risque”, a déclaré Virkkunen mercredi. “Alors que nos concurrents mondiaux déversent d’importants capitaux dans le secteur, l’Europe est confrontée à un grave déficit d’investissement.” Mais la vice-présidente de la Commission s’est limitée à annoncer une consultation avec les États membres, la BEI et les acteurs financiers autour de l’idée de construire une “European equity capacity” (une “Capacité européenne d’investissement en fonds propres”) pour permettre aux meilleures entreprises technologiques de concourir sur la scène mondiale. Au sein de la Commission, il est reconnu que, sans le fonds souverain de 50 milliards, le paquet sur la souveraineté technologique est plus faible.

L’envoyé spécial de von der Leyen pour l’IA accusé de conflits d’intérêts — Le choix d’Ursula von der Leyen et d’Henna Virkkunen de nommer le Danois Jim Hagemann Snabe comme “Envoyé spécial pour l’intelligence artificielle industrielle” est critiqué par plusieurs membres du Parlement européen. Ses fonctions dans certaines entreprises du secteur — comme les allemandes SAP et Siemens et l’américaine C3.ai — sont considérées comme un cas flagrant de conflit d’intérêts. “L’Europe a besoin d’une stratégie pour l’IA industrielle, mais nommer un président de Siemens après que cette dernière a légitimement, mais énergiquement, fait pression pour affaiblir l’AI Act envoie un mauvais signal politique”, a déclaré l’eurodéputé socialiste Brando Benifei, rapporteur pour l’AI Act, à La Matinale Européenne. “Nous devons être certains de ne pas confondre les intérêts d’une seule grande entreprise avec l’intérêt public ou l’orientation stratégique de l’UE”, a averti Benifei.

La Commission se défend — “Dans le cas de M. Snabe, nous avons examiné ses antécédents et ses activités et je peux confirmer que pour toute la durée de son mandat, qui se prolongera jusqu’en mars 2027, il suspendra sa participation à plusieurs conseils d’administration. Cela s’appliquera, par exemple, aux conseils d’administration de C3.ai, mais aussi au comité consultatif de Google Cloud et à un certain nombre d’autres conseils”, a répondu hier un porte-parole de la Commission. “Nous avons également mis en place des mesures de sauvegarde spécifiques pour garantir l’élimination de tous les conflits d’intérêts potentiels.” Toutefois, le porte-parole a dit ne pas être “en mesure de fournir des détails” sur ces mesures de sauvegarde “pour des raisons de protection de la vie privée”.


Guerres commerciales

Les exportations d’acier s’effondrent sous les droits de douane de Trump — Un an après l’imposition par Donald Trump de droits de douane de 50% sur les importations d’acier, les exportations d’acier européen vers les États-Unis ont chuté de 34%, selon les données publiées hier par Eurofer, l’association représentant les producteurs. L’UE a perdu une part de marché d’environ un million de tonnes d’acier. Eurofer dénonce le fait que les États-Unis n’ont pas respecté une partie de l’accord conclu entre Trump et Ursula von der Leyen en juillet dernier. La déclaration conjointe publiée le mois suivant prévoyait des solutions sur les produits à forte intensité d’acier et d’aluminium, des quotas tarifaires potentiels et une coopération sur la surcapacité mondiale. “Tant qu’une telle solution ne sera pas trouvée, l’accord ne vaut rien pour l’industrie sidérurgique de l’UE”, a déclaré Axel Eggert, directeur général d’Eurofer.

Šefčovič assure que des progrès ont été accomplis avec les États-Unis — Le commissaire au Commerce Maroš Šefčovič a rencontré hier le représentant américain au Commerce Jamieson Greer en marge d’une réunion ministérielle de l’OCDE. “Nous avons examiné les progrès accomplis dans la mise en œuvre de la déclaration conjointe UE-États-Unis et avons réaffirmé notre engagement commun à continuer de bonne foi”, a déclaré Šefčovič. “Bien qu’il reste encore du travail à faire, nous avançons dans la bonne direction, y compris en ce qui concerne les dérivés de l’acier. J’ai soulevé la question à plusieurs reprises avec mes homologues et je suis heureux qu’elle commence à porter ses fruits”, a assuré le commissaire. Selon Šefčovič, les États-Unis se sont engagés à faire entrer “une part significative des exportations de l’UE” dans le taux tarifaire de 15%, par rapport au droit de 25% et plus qui a été imposé jusqu’à présent. “Il s’agit d’une avancée significative et je continuerai à m’engager pour de nouvelles réductions des droits de douane”, a déclaré Šefčovič. “Nous tiendrons évidemment compte de l’accord de Turnberry”, a assuré Greer.


Roumanie

Dan nomme un eurodéputé libéral et anti-russe comme Premier ministre — Le président Nicușor Dan a nommé l’eurodéputé Renew Eugen Tomac comme candidat Premier ministre, espérant mettre fin à la crise ouverte en Roumanie après la décision du parti social-démocrate de rompre la coalition pro-européenne le 5 mai dernier. Tomac est un conseiller très proche de Dan. Né en Ukraine, il a vécu en Moldavie et a adopté des positions très dures vis-à-vis de la Russie de Vladimir Poutine. L’extrême droite pro-russe est en tête des sondages en Roumanie. Mais le succès de Tomac est loin d’être assuré. Le candidat Premier ministre a dix jours pour trouver une majorité dans un Parlement profondément divisé. “Étant donné que les partis ne s’entendent pas entre eux, la seule solution est un Premier ministre indépendant des partis au Parlement”, a déclaré Dan. Tomac a promis de présenter au Parlement un gouvernement technique composé de spécialistes, et non un gouvernement politique.

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Cela se passe aujourd’hui

  • Sommet UE-Balkans occidentaux à Tivat au Monténégro

  • Conseil Justice et Affaires intérieures (session Justice)

  • Présidence chypriote de l’UE : réunion informelle des ministres responsables de la cohésion à Nicosie

  • Conseil : réunion du Coreper I

  • Eurostat : données sur le PIB et l’emploi au premier trimestre ; productivité du travail au quatrième trimestre 2025 et au premier trimestre 2026 ; données sur la production et le chiffre d’affaires des services en mars

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