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Les bâtonnets de poisson et les limites du soutien de l’UE à l’Ukraine

Bonjour ! Nous sommes David Carretta, Christian Spillmann et Oliver Grimm, les auteurs de La Matinale Européenne. Les éditions française et espagnole sont assurées par Camille Lamotte.

L’analyse du jour est consacrée à l’Ukraine. La coalition des volontaires se réunit aujourd’hui à Paris, mais l’UE n’est pas encore parvenue à un accord sur le vingt-et-unième paquet de sanctions contre la Russie. David explique que les intérêts nationaux — des bâtonnets de poisson congelés aux touristes russes — limitent la capacité de l’UE à mener une véritable guerre économique contre Vladimir Poutine.

Dans notre briefing, nous traitons de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE d’aujourd’hui : outre l’Ukraine, Israël et les sanctions contre les colonies illégales seront également à l’ordre du jour. Demain sera un grand mardi pour l’élargissement, avec quatre conférences intergouvernementales pour faire avancer la voie de l’adhésion du Monténégro, de l’Albanie, de l’Ukraine et de la Moldavie. Ursula von der Leyen recevra aujourd’hui un rapport d’un groupe d’experts destiné à justifier une proposition d’âge minimum pour l’accès aux réseaux sociaux. La Commission menace Meta d’une amende parce qu’Instagram et Facebook créent de la dépendance.

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Les bâtonnets de poisson et les limites du soutien de l’UE à l’Ukraine

Par David Carretta

Viktor Orbán et ses vetos ne sont plus là. Et pourtant, plus d’un mois de négociations n’a pas suffi à trouver un accord entre les vingt-sept États membres sur le vingt-et-unième paquet de sanctions de l’Union européenne contre la Russie. Une réunion des ambassadeurs hier après-midi s’est conclue sans résultat. Le temps presse car il y a une échéance : mercredi 15 juillet, le plafond du prix du pétrole russe pourrait passer de 45 à 65 dollars le baril. La présidence irlandaise du Conseil de l’UE assure vouloir un accord “le plus tôt possible”. Aujourd’hui, les ministres des Affaires étrangères en discuteront lors d’une réunion à Bruxelles. Mais les difficultés à adopter ce vingt-et-unième paquet de sanctions révèlent toutes les limites de la détermination de l’UE à mener une guerre économique contre la Russie pour la contraindre à s’asseoir à la table des négociations.

L’interdiction de visas pour les combattants russes et l’interdiction des importations de morue de Russie ont été parmi les sujets les plus débattus. La présidence irlandaise de l’UE a été contrainte de vider certaines mesures de leur substance pour tenter d’obtenir l’unanimité. Le paquet “est en train de s’effriter”, a admis un diplomate de l’UE auprès de La Matinale Européenne.

La Commission européenne avait présenté sa proposition pour le vingt-et-unième paquet de sanctions contre la Russie le 9 juin. L’objectif est d’accélérer l’effondrement de l’économie russe pour pousser Vladimir Poutine à accepter un cessez-le-feu en Ukraine. “Nos sanctions fonctionnent. Elles affaiblissent les bases économiques de l’effort de guerre de la Russie”, avait expliqué à l’époque la présidente Ursula von der Leyen. “Brique après brique, nous érodons les fondements de l’économie de guerre de la Russie”, avait assuré la Haute Représentante Kallas.

Les conditions préalables sont toutes réunies. Les frappes en profondeur de l’Ukraine ont infligé de sérieux dommages aux capacités d’exportation et de raffinage d’hydrocarbures de la Russie. Les files d’attente aux pompes à essence dans tout le pays n’en sont qu’une illustration. Le recours aux menaces d’escalade ou d’utilisation d’armes nucléaires par le régime de Vladimir Poutine est considéré comme un signe de nervosité face aux difficultés internes et sur le front.

L’urgence immédiate pour l’UE est de suspendre le mécanisme d’ajustement du plafond du prix du brut russe pour éviter que le Kremlin ne réalise des superprofits grâce à la guerre lancée par Donald Trump en Iran et à ses effets sur les marchés pétroliers. Le price cap — au-delà duquel les opérateurs européens ne peuvent pas fournir de services et d’assurances pour le transport du brut russe — risque de passer à environ 65 dollars le baril le 15 juillet pour s’adapter au prix mondial. La Commission a proposé de le geler à 45 dollars jusqu’en janvier 2027. La Commission a également proposé des restrictions au transit du gaz naturel liquéfié russe et à la vente à la Russie de navires transportant du méthane. Et c’est là qu’est apparu l’un des principaux problèmes.

La Grèce continue de refuser de donner son accord au gel du price cap sur le brut russe. Son ambassadeur l’a réaffirmé lors de la réunion d’hier, trouvant le soutien de Malte et de Chypre. Le gouvernement d’Athènes soutient que si le plafond du prix du pétrole est trop bas par rapport au marché, c’est la Chine, l’Inde et d’autres pays qui transporteront le brut russe, causant des dommages aux armateurs grecs. Pour donner son feu vert au price cap, la Grèce demande des garanties qu’elle pourra continuer à faire transiter du gaz naturel liquéfié russe pour le transporter vers des pays hors UE.

La mesure la plus symbolique annoncée le 9 juin était l’interdiction d’entrée dans l’UE pour les combattants et anciens combattants russes en Ukraine. La demande avait été formulée par l’Estonie dès mars, en raison des risques sécuritaires liés à la présence de centaines de milliers de soldats de l’armée de Poutine libres de circuler en Europe. En juin, la Suède et dix autres pays sont revenus à la charge, demandant à la Commission d’agir après une augmentation significative des visas touristiques accordés aux Russes. De 2022 à 2025, les visas pour les Russes ont recommencé à augmenter. En France, plus de 170 000, en Italie, près de 160 000, en Espagne, juste en dessous de 100 000. “L’Europe restera interdite à quiconque a participé à l’invasion de l’Ukraine”, avait annoncé von der Leyen.

La France et l’Italie, trouvant en partie le soutien de l’Espagne et de la Grèce, ont fait cause commune pour vider la mesure de son efficacité et préserver les recettes du tourisme générées par les Russes. Au cours des négociations, Paris et Rome ont contesté la base juridique de la proposition de la Commission et la proportionnalité de l’interdiction de visas pour les combattants russes en Ukraine. Comment définit-on un combattant ou un ancien combattant ? À qui incombe la charge de la preuve ? Les bureaux consulaires deviennent-ils responsables de la violation des sanctions s’ils ne parviennent pas à mettre en œuvre l’interdiction ? Comment gérer le possible afflux de recours en cas de refus ?

En définitive, la présidence irlandaise du Conseil de l’UE a proposé un mécanisme moins contraignant que l’interdiction, susceptible de laisser une large flexibilité aux États membres dans l’octroi des visas. “Ça a été édulcoré”, nous a confirmé un second diplomate.

Et les bâtonnets de poisson ? L’une des propositions formulées par la Commission le 9 juin était d’imposer des restrictions aux importations de certains produits de la pêche en provenance de Russie, notamment une interdiction totale pour la morue et le Pollock d’Alaska (un poisson similaire à la morue). En 2025, l’UE a importé environ 750 millions d’euros de produits de la pêche en provenance de Russie. Les deux principaux produits sont la morue surgelée et le Pollock d’Alaska surgelé, qui représentent près de 90% des exportations vers l’UE. Mais la Commission n’avait pas tenu compte de la chaîne d’approvisionnement de l’industrie allemande des bâtonnets de poisson surgelés, qui utilise principalement le Pollock d’Alaska, ni de la demande de morue dans certains États membres, comme le Portugal pour son fameux bacalhau. La Russie couvre près d’un quart du volume des importations de morue de l’UE.

La coalition pour défendre les bâtonnets de poisson a remporté la mise. La Commission avait proposé de modifier le régime de sanctions pour les produits de la pêche, en passant d’une interdiction d’importation à un système de quotas. Cela n’a pas suffi à convaincre le Portugal sur la morue. Outre l’Allemagne, d’autres pays ne voulaient pas non plus mettre en péril l’industrie des bâtonnets de poisson surgelés. Des objections liées au contournement des sanctions ont également été soulevées. Face à l’échéance du 15 juillet pour sauver le price cap sur le pétrole russe, la présidence irlandaise de l’UE a décidé de retirer le poisson du paquet. Après tout, il s’agit d’une mesure d’une valeur économique minimale — à peine 2,7% des importations totales de l’UE en provenance de Russie.

Le tourisme, les bâtonnets de poisson et les armateurs grecs passent avant l’Ukraine. L’Autriche maintient une réserve sur l’ensemble du paquet parce qu’elle veut prélever 2 milliards d’euros sur les actifs souverains russes gelés pour les transférer à l’une de ses banques, Raiffeisen, qui devrait les verser à Moscou pour mettre fin à un contentieux lié aux sanctions. Le gouvernement de Vienne avait déjà tenté la chose par le passé sans succès et devra probablement y renoncer. Mais le vingt-et-unième paquet de sanctions sera bien moins incisif que promis.

Et le vingt-deuxième, que certains États membres réclament déjà à grands cris ? “Les paquets sont de plus en plus difficiles à négocier”, reconnaît un fonctionnaire de l’UE. La pression des sanctions reste l’arme la plus efficace dont dispose l’UE pour faire changer les calculs de Vladimir Poutine ou des oligarques qui l’entourent. Mais à condition que les États membres soient prêts à consentir quelques sacrifices pour l’Ukraine et la sécurité de l’UE.

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Géopolitique

La coalition des volontaires à Paris, Zelensky change de Premier ministre — Le président français Emmanuel Macron accueille aujourd’hui les dirigeants de la coalition des volontaires pour un sommet à Paris, dont l’objectif est de renforcer le soutien à l’Ukraine. Selon l’Élysée, la réunion servira à “amplifier” la “nouvelle” dynamique enregistrée lors des sommets du G7 et de l’OTAN en faveur de Kyiv, démontrant à la Russie qu’elle ne peut pas compter sur la “lassitude” des alliés de l’Ukraine. Volodymyr Zelensky sera présent aux côtés d’Ursula von der Leyen, d’António Costa et de Mark Rutte et de plusieurs chefs d’État et de gouvernement. L’Italienne Giorgia Meloni ne sera pas à Paris. Les dirigeants resteront également demain pour le défilé du 14 juillet que Macron a décidé de dédier au “Réveil stratégique européen”. Entre-temps, Zelensky a annoncé hier un remaniement de son gouvernement avec le remplacement de la Première ministre Yulia Svyrydenko. Parmi les noms de ses successeurs figurent Sergii Koretskyi, directeur général de Naftogaz, et Denys Shmyhal et Mykhailo Fedorov, respectivement ministre de l’Énergie et ministre de la Défense.

Un mini-paquet de sanctions contre la Russie — Outre la discussion sur le vingt-et-unième paquet de sanctions contre la Russie, les ministres des Affaires étrangères de l’UE annonceront aujourd’hui l’approbation du neuvième mini-paquet par lequel les listes noires de l’UE sont constamment mises à jour. Environ 250 individus et entités liés au complexe militaro-industriel et au secteur financier seront sanctionnés par des gels d’avoirs, des interdictions de voyager et des interdictions de transactions financières. L’UE compte sur l’effet dissuasif pour le reste du monde : les entreprises en Asie et dans les pays du Golfe seront découragées de faire des affaires avec les entités inscrites sur la liste noire de l’UE. Avec les sanctions contre le secteur financier, l’UE espère avoir exclu des circuits internationaux environ la moitié des banques russes.

Les mini-sanctions de la Commission contre la Biennale de Venise — Après les menaces, il est temps de passer à l’action. La Commission a recommandé samedi de couper les 2 millions d’euros de financement accordés à la Fondation de la Biennale de Venise, à la suite de la réouverture du pavillon de la Russie. La décision formelle revient à l’Agence exécutive européenne pour l’éducation et la culture, responsable de l’attribution des fonds. “Cela fait suite à une évaluation approfondie des réponses de la Biennale pour justifier la réouverture du pavillon russe”, a expliqué la vice-présidente de la Commission Henna Virkkunen. “La culture en Europe — financée avec l’argent des contribuables — devrait promouvoir et sauvegarder les valeurs démocratiques. Ces valeurs ne sont pas respectées dans la Russie d’aujourd’hui”, a ajouté Virkkunen. Une partie du gouvernement de Giorgia Meloni n’est pas contente. “Tout simplement inacceptable”, a déclaré la sous-secrétaire à la Culture, Lucia Borgonzoni, du parti pro-russe de la Lega, accusant la Commission d’avoir rendu “un verdict purement politique”.

Avec la disparition du sénateur Lindsey Graham, l’UE perd un allié sur l’Ukraine — La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a exprimé hier ses condoléances pour la mort soudaine du sénateur américain Lindsey Graham, soulignant son rôle en faveur de l’Ukraine. “Le sénateur Graham s’est battu jusqu’au bout pour soutenir le combat de l’Ukraine pour la liberté et pour augmenter le coût de la guerre d’agression de la Russie. Il a travaillé sans relâche pour renforcer les sanctions, en étroite coordination avec l’UE”, a déclaré von der Leyen : “Il nous manquera profondément.” La veille de sa mort, le sénateur Graham était en visite à Kyiv. Son bureau a annoncé son décès samedi soir après une maladie “brève et soudaine”. Graham avait en revanche été très critique à l’égard des pays européens pour ne pas avoir soutenu la guerre de Donald Trump contre l’Iran.

À la recherche d’une majorité simple sur les sanctions contre les colonies israéliennes — Les ministres des Affaires étrangères de l’UE lors de leur réunion d’aujourd’hui discuteront également du document d’options présenté par la Commission pour sanctionner les produits des colonies israéliennes illégales en Cisjordanie. Aucune décision n’est attendue, notamment parce qu’il n’y a pas encore de proposition formelle. Ursula von der Leyen, qui a géré le dossier directement à travers son cabinet, en soustrayant la responsabilité à la direction générale Commerce, a indiqué trois possibilités : une interdiction d’importation, un système de licences ou des droits de douane prohibitifs pour décourager les importations. Mais dans le document, la Commission révèle toute sa réticence à agir contre le gouvernement israélien. Pour obliger von der Leyen à bouger, Kaja Kallas devra trouver une majorité simple d’États membres pour demander formellement à la Commission de présenter une proposition. Ce n’est que dans ce cas — selon les traités — qu’Ursula von der Leyen sera obligée de le faire ou de justifier aux États membres la décision de ne pas agir.

La fin du veto pro-chinois de la Hongrie débloque une déclaration de l’UE sur la mer de Chine méridionale — Il a fallu dix ans à l’Union européenne pour adopter une déclaration sur la décision historique du tribunal permanent d’arbitrage de La Haye qui, à la demande des Philippines, a déclaré sans fondement les revendications de la Chine sur la mer de Chine méridionale. Samedi, la Haute Représentante Kaja Kallas a publié une déclaration au nom des vingt-sept pour le dixième anniversaire de la décision, rappelant que la sentence arbitrale est “définitive et juridiquement contraignante” pour la Chine également. “En tant que décision historique pour le règlement pacifique des différends, elle doit être respectée et pleinement mise en œuvre par les parties concernées”, a déclaré la Haute Représentante. Pendant dix ans, cette prise de position avait été bloquée par la Hongrie de Viktor Orbán, fidèle défenseur des intérêts de Pékin au sein de l’UE. L’arrivée au pouvoir de Péter Magyar a finalement débloqué la situation. L’UE a également exprimé sa préoccupation “face à l’augmentation constante des tensions et des incidents dangereux en mer de Chine méridionale” et son opposition “à toute action unilatérale menaçant de compromettre la stabilité régionale”.


Élargissement

Le Grand Mardi des chapitres de négociation — En marge du Conseil Affaires générales de demain, la présidence irlandaise de l’UE organisera quatre conférences intergouvernementales pour faire avancer le processus d’adhésion de l’Ukraine, de la Moldavie, de l’Albanie et du Monténégro. “Deux pays ouvrent des blocs de chapitres de négociation. Deux pays ferment une série de chapitres. C’est significatif”, nous a dit un diplomate de l’UE. L’Ukraine et la Moldavie ouvriront le bloc (“cluster”) de chapitres numéro six, lié à l’alignement sur la politique étrangère de l’UE. Aucun accord n’a été trouvé entre les vingt-sept sur les quatre autres blocs de chapitres, malgré le feu vert de la Commission. L’Albanie fermera trois chapitres de négociation (science et recherche, éducation et culture et relations extérieures). Le Monténégro en fermera deux (politique de la concurrence et union douanière). “Un pas de plus vers l’UE”, a déclaré le président du Conseil européen António Costa.


Numérique

Un rapport pour aider von der Leyen à imposer un âge minimum pour l’accès aux réseaux sociaux — Un groupe d’experts sur la sécurité en ligne des enfants présentera aujourd’hui un rapport très attendu qui devrait permettre à Ursula von der Leyen de justifier une proposition visant à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux mineurs en dessous d’un certain âge. La présidente de la Commission n’a pas besoin d’être convaincue. Dans sa communication publique, von der Leyen a laissé entendre à plusieurs reprises qu’elle était favorable à l’introduction d’un âge minimum pour les réseaux sociaux afin d’éviter que les plateformes n’aient “accès à nos enfants”. Le groupe d’experts a été soigneusement choisi par le cabinet de la présidente pour orienter ses travaux. La proposition d’interdire l’accès aux mineurs en dessous d’un certain âge pourrait être annoncée lors du discours sur l’état de l’Union en septembre. Certains commissaires — dont la vice-présidente Henna Virkkunen — et plusieurs États membres restent à convaincre.

Instagram et Facebook violent le DSA parce qu’ils créent de la dépendance — La Commission a conclu vendredi à titre préliminaire qu’Instagram et Facebook, deux des réseaux sociaux de Meta, violent les règles du règlement sur les services numériques (DSA), parce que le géant américain n’a pas traité de manière adéquate les risques liés à la conception qui crée de la dépendance au détriment du bien-être physique et mental des utilisateurs, y compris des mineurs et des adultes vulnérables. La Commission cible certaines caractéristiques de conception d’Instagram et de Facebook, comme les recommandations hautement personnalisées, la lecture automatique et le défilement infini, qui montrent constamment aux utilisateurs de nouveaux contenus. “Ces fonctionnalités alimentent l’impulsion des utilisateurs à continuer à faire défiler et mettent le cerveau en “mode pilote automatique”, contribuant aux mauvaises habitudes et à l’utilisation compulsive”, explique la Commission. Meta est également accusée d’avoir ignoré les informations disponibles sur le temps que les mineurs passent sur Instagram ou Facebook la nuit et sur la façon dont des formats comme les reels et les stories pourraient conduire à une utilisation excessive ou compulsive des services.

Pourquoi Meta n’a pas réussi à atténuer les risques de dépendance — Les preuves recueillies par la Commission démontrent que les mesures d’atténuation actuelles de Meta n’ont pas réussi à traiter efficacement les risques découlant de la conception qui crée de la dépendance. Les outils de gestion du temps d’Instagram et de Facebook — y compris ceux activés par défaut pour les adolescents — peuvent être facilement ignorés et ne conduisent pas à une réduction et à un contrôle significatifs de l’utilisation du service. En outre, la Commission estime que les contrôles parentaux de Meta ne sont efficaces que si les parents et les tuteurs possèdent des compétences techniques adéquates et consacrent du temps et des efforts pour les comprendre pleinement. Cela compromet l’efficacité de ces mesures pour traiter les risques intrinsèques découlant de la conception addictive d’Instagram et de Facebook. Les initiatives de sensibilisation de Meta, telles que les conseils et les liens vers des ressources de santé mentale disponibles via une page dédiée, ne sont pas suffisantes.

Les exigences de la Commission — Théoriquement, Meta risque une amende pouvant aller jusqu’à 6% de son chiffre d’affaires annuel mondial si la Commission adopte une décision de “non-conformité” aux règles du DSA. Cependant, les amendes infligées jusqu’à présent par la Commission ont toujours été bien en dessous du plafond maximum autorisé. Meta aura maintenant la possibilité d’exercer son droit à la défense. La Commission demande au géant américain de modifier la conception de Facebook et d’Instagram, en désactivant par défaut les fonctionnalités clés qui créent de la dépendance, comme la lecture automatique et le défilement infini. La Commission demande également d’introduire des “pauses écran” et d’adapter les systèmes de recommandation pour les rendre moins orientés vers l’engagement.


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La chèvre, animal de la résilience – Son élevage est une manière d’habiter un territoire. Claire Delfosse, directrice du laboratoire d’études rurales à l’Université de Lyon 2, réhabilite l’animal et son rôle dans un entretien publié par Agriculture Circulaire. Ignorée pendant des siècles, la chèvre était pourtant partout où les autres élevages ne pouvaient pas aller. Sur les coteaux escarpés, dans les zones inondables, dans les petites exploitations sans foncier, dans les banlieues ouvrières. Ce n’est pas un animal de la prospérité. “C’est un animal de la résilience. C’est l’animal du secours alimentaire quand les chaînes longues s’effondrent.

Cette logique, on la retrouve à chaque moment de rupture en zone de guerre, en zone de crise économique, dans les régions que la modernisation a laissées pour compte”, soutient le professeur Delfosse. Les temps changent. La logique de la modernisation – une exploitation, une production, une région, un produit – montre ses limites. L’intérêt se porte à nouveau sur les systèmes de polyculture-élevage et leur capacité à réduire les dépendances externes. Leur retour marque une manière d’habiter un territoire. Mais Claire Delfosse reste prudente. “Le risque, avec la mode de la résilience et de l’agroécologie, c’est de folkloriser ce qu’on prétend valoriser”.

L’élevage herbager en France et ailleurs se retrouve au cœur d’une nouvelle vision intégrée de l’agriculture. Elle vise à promouvoir une agriculture harmonieuse et durable, moteur d’externalités positives.

Vous pouvez lire ici l’interview réalisée par Agriculture Circulaire avec le professeur Delfosse.


Migrants

La Méditerranée orientale redevient la principale route migratoire — La Méditerranée orientale est redevenue la route migratoire la plus fréquentée au cours des six premiers mois de l’année, dépassant la Méditerranée centrale, selon les données publiées vendredi par Frontex. Plus de 16 600 personnes ont été interceptées sur la route menant à la Grèce. La Méditerranée orientale enregistre néanmoins une baisse de 20% par rapport aux entrées de l’année dernière. Le couloir de la Libye vers la Crète est le plus actif. De janvier à juin, la Méditerranée centrale a enregistré environ 14 300 arrivées, soit 52% de moins que la même période de 2025. La seule route qui enregistre une augmentation est celle de la Méditerranée occidentale vers l’Espagne, avec environ 7 900 entrées, soit 17% de plus que l’année dernière. Frontex rappelle que malgré la baisse continue du nombre total d’arrivées, “le coût humain reste élevé. Selon l’Organisation internationale pour les migrations, près de 1 300 personnes ont perdu la vie en Méditerranée cette année”.

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Cela se passe aujourd’hui

  • Conseil Affaires étrangères

  • Conseil Agriculture et pêche

  • Commission : conférence du groupe des donateurs pour la Palestine ; conférence de presse de la commissaire Suica avec le Premier ministre de l’Autorité palestinienne, Mohammad Mustafa

  • Commission : la présidente von der Leyen et la Haute Représentante Kallas participent à la réunion de la Coalition des volontaires pour l’Ukraine à Paris

  • Commission : la présidente von der Leyen reçoit le rapport du groupe d’experts sur la sécurité en ligne des enfants

  • Commission : la commissaire Albuquerque reçoit le président du Conseil de résolution unique, Dominique Laboureix, et la présidente de la Supervision unique de la BCE, Claudia Buch

  • Commission : discours de la commissaire Roswall au Forum de haut niveau sur le développement durable à New York

  • OTAN : le secrétaire général Rutte participe à la réunion de la coalition des volontaires pour l’Ukraine à Paris

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